<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><TEI xmlns="http://www.tei-c.org/ns/1.0"><teiHeader><fileDesc><titleStmt><title>Forschungsgrundlagen Hans Vaihinger</title><editor>Jörn Bohr</editor><editor>Gerald Hartung</editor><respStmt><orgName>Bülow &amp; Schlupkothen XML services</orgName><resp>software development</resp></respStmt></titleStmt><publicationStmt><publisher>University of Wuppertal</publisher><idno type="URI">urn:nbn:de:hbz:468-edhv2025-001183-8</idno></publicationStmt><sourceDesc><bibl><persName type="sent">Philippe Bridel</persName> an <persName type="received">Vaihinger</persName>, <placeName type="sent">Lausanne</placeName>, <date>14.11.1913</date>, <note>6 S., hs.</note>, <bibl type="pubPlace">Staats- und Universitätsbibliothek Bremen, Aut. XXI, 3 m, Nr. 2</bibl></bibl></sourceDesc></fileDesc><profileDesc><correspDesc key="1183" ref="urn:nbn:de:hbz:468-edhv2025-001183-8"><correspAction type="sent"><persName>Philippe Bridel</persName><placeName>Lausanne</placeName><date when="1913-11-14">14.11.1913</date></correspAction><correspAction type="received"><persName ref="https://d-nb.info/gnd/118625810">Hans Vaihinger</persName></correspAction><note type="mentioned"><name ref="https://d-nb.info/gnd/118768565">Alexandre Vinet</name><name ref="https://d-nb.info/gnd/118616617">Anne Louise Germaine de Staël-Holstein</name><name ref="https://d-nb.info/gnd/118559796">Immanuel Kant</name><name ref="https://d-nb.info/gnd/116495960">Philippe Bridel</name></note><note type="repository">Staats- und Universitätsbibliothek Bremen, Aut. XXI, 3 m, Nr. 2</note></correspDesc></profileDesc></teiHeader><text><front><head><persName type="sent">Philippe Bridel</persName> an <persName type="received">Vaihinger</persName>, <placeName type="sent">Lausanne</placeName>, <date>14.11.1913</date>, <note>6 S., hs.</note>, <bibl type="pubPlace">Staats- und Universitätsbibliothek Bremen, Aut. XXI, 3 m, Nr. 2</bibl></head></front><body><dateline><anchor type="delimiter" subtype="start" xml:id="ED-1175"/>Lausanne<anchor type="delimiter" subtype="end" corresp="#ED-1175"/>, 15 route de Morges</dateline><dateline>14 novembre 1913</dateline><salute>Cher Monsieur et très honoré collègue,</salute><p>Veuillez me permettre de vous poser une question <name>kant</name>ienne.</p><p>Occupé en ce moment de préparer l’un des volumes d’une nouvelle édition des Oeuvres d’Alex<add>[andre]</add> <name>Vinet</name>, j’y rencontre <anchor type="delimiter" subtype="start" xml:id="ED-1176"/>le passage suivant<anchor type="delimiter" subtype="end" corresp="#ED-1176"/>:</p><p>„<name>Kant</name> a dit: „Nous ne pouvons nous représenter l’<hi rend="underline">obligation</hi> sans y joindre l’idée d<hi rend="underline">’un autre</hi>, qui est DIEU, et de sa <anchor type="delimiter" subtype="start" xml:id="ED-1177"/>volonté.“<anchor type="delimiter" subtype="end" corresp="#ED-1177"/> Voilà la morale se faisant religion. etc. …“ <pb/></p><p>J’ai lu, j’a dit, la pluma à la main, les oeuvres de <name>Kant</name> et ai noté, en particulier, plusieurs pages relatifs au rapport qu’il établit entre la morale et la religion; mais j’ai vainement cherché celui-ci dans ma collection, et je me l’ai pas trouvé mieux en faisant quelques recherches nouvelles dans les parties de l’oeuvre de <name>Kant</name> où je pensais avoir quelque chance de l’y rencontrer. L’accent de cette phrase ne me paraît guère <name>kant</name>ien (es klingt mir nicht rein <name>kant</name>isch); car <name>Kant</name> vient beaucoup, précisément, à ce que me doit pas <pb/> la notion d’<hi rend="underline">obligation</hi> que nous attendions à celle de Dieu; (pour celle du „bien suprême“ c’est une autre affaire: wir müssen (nicht sollen), c<add>[’est]</add> à d<add>[ire]</add> nous ne pouvons pas faire autrement que de postuler, à propos d’elle, l’existence d’un Dieu.) Malgré cela, sans doute, la phrase donc il s’agit pourrait avoir échappé à la pluma de Kant, un jour à l’autre: vous avez montré combien il s’en faut que les déclarations soient toujours parfaitement d’accord les uns avec les autres. De plus il est à remarquer qu’il est dit <anchor type="delimiter" subtype="start" xml:id="ED-1178"/>ici<anchor type="delimiter" subtype="end" corresp="#ED-1178"/>: „Wir <hi rend="underline">können</hi> uns nicht wohl <hi rend="underline">anschaulich</hi> machen …“ ce qui pourrait exprimer un certain dédain pour cette façon de se représenter l’obligation comme résultant pour nous dans la volonté de Dieu: si on vent se rendre les choses „anschaulich“, on tombe <pb/> dans cette illusion; mais il n’y a qui à ne pas céder à ce mauvais désir de „sich die Verpflichtung <hi rend="underline">anschaulich</hi> machen.“ – Je ne sais ce que vaut cette exégèse. Mais le fait est que je voudrais bien savoir si cette phrase est textuellement de <name>Kant</name>, – en ce cas, où elle se trouve, et pouvoir examiner le contexte, qui en marquerais la véritable <anchor type="delimiter" subtype="start" xml:id="ED-1179"/>portée.<anchor type="delimiter" subtype="end" corresp="#ED-1179"/> Vous serait-il possible de me fournir là dessus <anchor type="delimiter" subtype="start" xml:id="ED-1180"/>un renseignement<anchor type="delimiter" subtype="end" corresp="#ED-1180"/>?</p><p><name>Vinet</name> indique comme source: <name>Kant</name>’s <anchor type="delimiter" subtype="start" xml:id="ED-1181"/>Metaphysik der Tugendlehre<anchor type="delimiter" subtype="end" corresp="#ED-1181"/>. Je ne connais aucun ouvrage, ni même aucun chapitre de <name>Kant</name> ainsi intitulé. Est-ce-que je me trompe? Ma supposition est que <name>Vinet</name> a rencontré cette citation (textuelle ou non) dans un livre allemand où l’on dirait, à fort où à raison, que <pb/> „in seiner Metaphysik der Tugendlehre“, (c’est-à-dire dans la partie <anchor type="delimiter" subtype="start" xml:id="ED-1182"/>de<anchor type="delimiter" subtype="end" corresp="#ED-1182"/> son système qui scruta les bases de la morale) <name>Kant</name> sagt so und so … – et Vinet aura pris cela pour le titre d’un ouvrage de <name>Kant</name>.</p><p>Veuillez me pardonner de venir vous ennuyer de mes petites questions; vous n’y répondrez, s’il vous plait, que si vous avez la solution sous la main et sans qu’elle sous coûté de recherches prolongées; à l’avance je vous remercier pour la bienveillance avec laquelle je sais que vous recevrez ces lignes.</p><p><anchor type="delimiter" subtype="start" xml:id="ED-1183"/>C’est avec un très vif intérêt que j’ai lu votre riche (supra riche) ouvrage: die Philosophie des Als Ob, dont la pensée centrale m’a paru très remarquable – sans me convaincre jusqu’au bout, – et dans les pages duquel j’ai <pb/> recueilli un foule des renseignements précieux. J’ai essayé de présenter ce beau livre à notre publie, dans <anchor type="delimiter" subtype="start" xml:id="ED-1184"/>un article de la <anchor type="delimiter" subtype="start" xml:id="ED-1185"/><hi rend="underline">Revue de théologie et de philosophie</hi><anchor type="delimiter" subtype="end" corresp="#ED-1184"/> de Lausanne<anchor type="delimiter" subtype="end" corresp="#ED-1185"/>. Veuillez, en me pardonnent mon importunité actuelle, agréer<anchor type="delimiter" subtype="end" corresp="#ED-1183"/>, cher Monsieur et très honoré collègue, l’expression de mes sentiments respectueux et très élevées.</p><signed><hi rend="underline">Ph. Bridel.</hi></signed></body><back><listApp><app type="editorial" corresp="#ED-1175"><lem>Lausanne</lem><note><name>Philippe Bridel</name> (1852–1936) war seit 1891 Präsident des Rats der Freikirche in Lausanne, seit 1894 <abbr>Prof.</abbr> für Geschichte und Philosophie an der Theologischen Fakultät der Freikirche. Ab 1923 Präsident der Société d'édition Vinet (<ref type="link">https://hls-dhs-dss.ch/de/articles/011060/2001-06-05/</ref> (17.9.2024)).</note></app><app type="editorial" corresp="#ED-1176"><lem>le passage suivant</lem><note>Zitat (inklusive der Anmerkung) nach: Alexandre Vinet: II<hi rend="superscript">e</hi> Essai. La volonté cherchant sa loi. In <abbr>ders.</abbr>: Essais de philosophie morale et de morale religieuse, suivre de quelques essais de critique littéraire. Paris: Hachette 1837, <abbr>S.</abbr> 24. Auf dem Titelblatt Motto nach Madame <name>de Staël</name> (<abbr>vgl.</abbr> Bridel an Vaihinger vom 22.7.1881): </note><rdg>La religion doit être tout ou rien dans la vie.</rdg></app><app type="philological" corresp="#ED-1177"><lem>volonté.“</lem><note>folgt Fußnotenzeichen und -text: </note><rdg>„Wir können uns die Verpflichtung nicht wohl anschaulich machen, ohne | einen Andern und dessen Willen, nämlich Gott, dabei zu denken.“ <hi rend="underline">Kant’s Metaphysik der Tugendlehre.</hi></rdg></app><app type="philological" corresp="#ED-1178"><lem>ici</lem><note>Einfügung über der Zeile</note></app><app type="philological" corresp="#ED-1179"><lem>portée.</lem><note>danach Raum von <abbr>ca.</abbr> einem Wort frei gelassen</note></app><app type="editorial" corresp="#ED-1180"><lem>un renseignement</lem><note>bei Kant: Metaphysik der Sitten 2. Teil. Ethische Methodenlehre, Beschluß heißt es: </note><rdg>Wir können uns nämlich Verpflichtung (moralische Nöthigung) nicht wohl anschaulich machen, ohne einen Anderen und dessen Willen (von dem die allgemein gesetzgebende Vernunft nur der Sprecher ist), nämlich Gott, dabei zu denken.</rdg><note> Es ist kein Hinweis von Vaihinger an <name>Bridel</name> ermittelt. In <name>Bridel</name>s Ausgabe lautet die Quellenangabe unverändert auf </note><rdg>Metaphysik der Tugendlehre</rdg><note>, <abbr>vgl.</abbr> Alexandre Vinet: Philosophie morale et sociale. Recueil d’essais, d’articles et de fragments. Tome premier. Publiés d’après les éditions originales et les manuscrits par Ph. Bridel avec la collaboration de Paul Bonnard, pasteur. Lausanne/Paris: Georges Bridel/Fischbacher 1913 (Œuvres d’Alexandre Vinet 2<hi rend="superscript">e</hi> série), <abbr>S.</abbr> 298, <abbr>Anm.</abbr> 1.</note></app><app type="philological" corresp="#ED-1181"><lem>Metaphysik der Tugendlehre</lem><note>am linken <abbr>Rd.</abbr> doppelt mit Bleistift angestrichen</note></app><app type="philological" corresp="#ED-1182"><lem>de</lem><note>danach gestrichen: </note><rdg>la philo-</rdg></app><app type="editorial" corresp="#ED-1184"><lem>un article de la <hi rend="underline">Revue de théologie et de philosophie</hi></lem><note><abbr>vgl.</abbr> Bridel: Des fictions dans la science et dans la vie humaine. In: Revue de Théologie et de Philosophie 1 (1913), <abbr>S.</abbr> 12–33 (<ref type="link">http://doi.org/10.5169/seals-379902</ref> (17.9.2024)).</note></app><app type="philological" corresp="#ED-1185"><lem><hi rend="underline">Revue de théologie et de philosophie</hi> de Lausanne</lem><note>mit Blaustift unterstrichen</note></app><app type="philological" corresp="#ED-1183"><lem>C’est … agréer</lem><note> Abschnitt am linken <abbr>Rd.</abbr> mit Blaustift angestrichen</note></app></listApp></back></text></TEI>