Emile Boutroux an Vaihinger, Paris, 2.5.1900, 4 S., hs., Staats- und Universitätsbibliothek Bremen, Aut. XXI, 3 f, Nr. 4
Paris 260 r[ue] St Jacques
2 V 1900
Très honoré & cher collègue
Je regrette beaucoup que vous ne puissiez venir[1], & que la cause soit votre santé; & je fais bien des veux pour que les vacances vous rendent de forme si précieuses à vos amis & à la philosophie.
J’ai lu avec un vit plaisir votre très opportune étude[2]; & autant que j’en | peux juger par une connaissance de Kant, bien moins profonde que le vôtre, je crois votre cluse très juste. Je maintiendrais fortement, pour mon compte, l’objet positif de Kant. Il a bien réellement[a] soules substituer une métaphysique critique à la métaphysique dogmatique. Mais je pense, comme vous, que, selon Kant, | le changement de méthode entraine changement de doctrine (Je trouve déjà a point de vu chez Descartes). Donc il me peut pas être question d’une métaphysique transcendante & d’objets qui supposeraient une intuition intellectuelle. Vos considérations de la fin, les sens suivant lequel vous admettez le rapprochement avec Platon, sont du plus grand intuition, & soul au fond du choses – |
Je vous remercie donc bien cordialement, & vous prie, cher & honoré collègue, d’agrées l’assurance de mes sentiments de haute estime & de sympathie.
Em. Boutroux[b]